Jardin en permaculture

Publié le 27 Mars 2018

Il y a deux ans, j’ai commencé la mise en place d’un potager en permaculture, sur un sol argileux, dans le sud de la France. Je vis dans le Gard du nord et le sud de l’Ardèche. Un lieu où se juxtaposent deux climats, celui influencé par la Méditerranée et celui  par les Cévennes. Autant dire que l’été est sec et caniculaire, l’automne est arrosé copieusement et doux, l’hiver peut être glacial ou doux, très venteux, sec ou pas, pluvieux ou pas. Quant au printemps…hummmm, c’est la meilleure des saisons! Les semis commencent sous abris et je me réjouis de les voir en pleine terre…bon, bref, pour dire que la mise en place n’est pas aisée et qu’il me faut encore m’accrocher pour trouver les gestes justes, les plantes adaptées, les abris bien choisis et les mots, ma foi, restent encore déplacés, il m’arrive d’en perdre mon occitan et de jurer comme mon voisin.

Il s’agit d’une belle et grande aventure. Je vis dans ce jardin en pleine transformation et en pleine évolution, ma propre transformation. Je grandis comme mes semis, je me confronte à mes limites, je me frotte aux mille questionnements que la terre tente de me transmettre, je me pique, je me blesse, je tue aussi, mais j’ose…et là, je rencontre le merveilleux! Wahou! Quel bel enseignement que le potager bio et en permaculture.

Oui, je tue. Quel jardinier peut prétendre ne jamais mettre fin aux jours du lombric? Ici les lombrics sont énormes. Avec mes outils tranchants, je coupe et je tranche, c’est affreux! Alors un remède, les mains…mais qu’est ce que la terre est dure, je ne peux avec mes ongles creuser pour déposer ma petite motte? Alors la patience, un jour viendra où cela sera possible, oui, à force de croire en la permaculture et à force de rajouter de la matière organique chaque année, et bien je n’aurai plus besoin de mes outils tranchants pour creuser, la terre sera tellement souple et belle, elle sentira l’humus et respirera la santé. Je tuerai encore ? Alors j’irai pieds nus. Et encore ? Alors, je demanderai pardon. Je me rends compte que la vie fait partie de la mort et inversement. Je ne peux vivre sans faire mourir un être, sans mourir un peu moi-même…c’est dingue quand-même!

J’apprends l’humilité, et aussi je laisse libre cours à mes émotions. Comment ne pas être humble devant la vie qui frétille, devant l’éclosion d’un bourgeon, devant un énorme lombric qui bosse comme quatre pour rendre la terre fertile, devant cette foule d’insectes qui font la gigue dans la merde?

Le cycle de la vie me fait penser à la limace. Cet animal mérite toute notre attention. Avez-vous vu déjà comme elle traîne sa carcasse en bavant? J’écrirai prochainement sur elle. En attendant, je dis qu’elle a toute sa place dans mon potager, elle peut venir traîner sur mes buttes et manger ce qu’elle désire. Je la nourris, surtout au printemps, la pauvre, elle a faim!

Je vous propose ici, sur ce blog, des textes et des photos de l’évolution de mon potager. Je commence ce jour, alors un peu de patience, car je dois aller semer mes tomates. Allez, une petite photo de mes débuts pour le plaisir!

A bientôt

 

oui, au début, il faut observer et se laisser inspirer…méditation!

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